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La découverte d’une belle rivière ?
La « cellule milieu » de SRL est sur le terrain !

Suite à l’annonce de vidange du plan d’eau d’Uzurat et son réaménagement la commission « milieu » de SRL a décidé de s’intéresser à l’Aurence, rivière somme toute mal connue. Six adhérents ont donc enfilé leurs k-way, pris leurs casquettes et chaussé leurs bottes pour vaillamment remonter et prospecter ce cours d’eau.

Cette opération, inscrite dans la stratégie de SRL avait pour objectif de faire un état des lieux, établir un constat hydromorphologique, apprécier et alerter sur les problèmes récurrents ou significatifs sur ce cours d’eau et ses affluents.

Au sujet de l’Aurence :
Affluent de la Vienne, autrefois connue comme rivière à truites et aurifère, l’Aurence prend sa source au pied des premiers contreforts sud des monts d’Ambazac, à environ 420 mètres d’altitude, au lieu-dit Boisejou, sur la commune de Chaptelat. Le nom de la rivière vient de l’or(aurum en latin) qu’on y trouvait dans l’Antiquité et au Moyen Age.
Elle coule d’abord en direction du sud-est, arrosant Chaptelat, se dirige vers le sud en traversant la zone industrielle Nord de Limoges, alimente le lac d’Uzurat, s’oriente en direction du sud-ouest, longe le quartier de Landouge, les parcs de l’Aurence et du Mas Jambost, la ZUP du Val de l’Aurence et arrose enfin la commune d’Isle. Après un trajet d’environ 28 km, elle se jette dans la Vienne en rive droite, à Aixe-sur-Vienne.
Le choix de ce cours d’eau urbain et rural était une évidence au regard de la richesse de sa diversité.

Caractéristiques de l’Aurence :
L’Aurence est une rivière au débit moyen annuel à Isle de 1,22 m3/s avec un dénivelé de 228m soit une pente moyenne de 0,81%.
La rivière présente des fluctuations saisonnières de débit typiques des cours d’eau du Limousin, avec des crues hivernales de décembre à avril inclus, et de maigres débits d’été à début automne, de juillet à octobre.
L’important chevelu est en partie non référencé sur les cartes IGN.

Une vingtaine de demi-journées a été nécessaire pour suivre l’Aurence et ses affluents. Chaque étape a fait l’objet d’un constat minutieux ; la synthèse détaillée fera l’objet d’une communication spécifique probablement lors de l’AG 2017 mais d’ores et déjà notre audit met en évidence les éléments suivants :

Aspects négatifs :
Des défauts de continuité écologique (seuils de moulin ; étangs…).
Des zones à fort piétinement (bovins).
Des zones envasées.
Des pollutions diffuses (buses déversant des liquides odorants aux couleurs douteuses ).
Des pollutions récurrentes dans la ZI et traversée de Limoges (dernière en date du 07 septembre 2016).
Des pollutions visuelles (déchets divers, pneus, électroménager…).
Un nombre important d’étangs sur ce bassin avec les impacts négatifs connus qu’ils génèrent sur le milieu (réchauffement artificiel, évaporation, eutrophisation, introduction d’espèces indésirables…).
Des espèces végétales envahissantes
Peu de constat de présence d’espèces d’accompagnement de la truite (vairons, goujons…).

Aspects positifs :
Un beau linéaire avec toutes les caractéristiques d’un cours d’eau à truites
De belles zones de frayères sur l’ensemble du bassin
Présence de larves d’éphémères, de trichoptères et de gammares
Un seul assec constaté sur le bassin malgré la sécheresse de l’été
Le bon entretien des berges
Peu d’embâcles

Les actions immédiates que nous allons proposer aux gestionnaires concernés :
Restauration de la continuité écologique
Piétinement : action vers la chambre d’agriculture
Plantes invasives : sensibilisation auprès des propriétaires et acteurs de terrain
Etangs : effacement (solution idéale) ou mise aux normes avec dérivation indispensable et suivi rigoureux du respect du débit réservé (DDT/Onema)
Surveillance des vidanges
Un véritable aménagement de la ZI afin d’éviter les pollutions récurrentes ou permettant d’identifier les pollueurs.

Nous n’omettrons pas de rappeler que le bassin versant (BV) de l’Aurence fait l’objet d’un CTMA (Contrat Territorial Milieux Aquatique) qui se poursuit en 2017. L’objectif de ce contrat est le retour à un bon état écologique des eaux de ce BV.
Nous avons rencontré le porteur de ce contrat à l’agglomération de Limoges Métropole, qui nous garantit la prise en compte des alertes que nous jugerons utiles de lui faire remonter.

Quid du chevelu ?

Nous avons observé sur l’Aurence une multitude de petits affluents à écoulements faibles, temporaires pour certains, les uns comme les autres n’apparaissant pas dans les référencements IGN. À l’heure ou la question est posée de refaire la carte des cours d’eau, SRL tient à rappeler que la qualité et la santé du cours principal d’un BV sont dépendantes de la totalité de son chevelu ainsi que de la présence des zones humides qui sont des réservoirs naturels. Porter atteinte à ces zones sous prétexte qu’elles n’auraient pas d’existence légale serait à terme porter atteinte à la rivière Aurence et tous les BV en aval. D’ailleurs si nous n’avons pas constaté d’assec lors de nos investigations c’est certainement grâce à ce patrimoine qui joue pleinement son rôle.

Conclusion :
Pour reprendre le titre de cet article, l’Aurence est potentiellement une belle rivière qui pourrait être une vitrine pour les gestionnaires environnementaux et halieutiques si les bonnes décisions étaient prises.

Revoir le reportage de France3 Limousin avec SRL sur la question des pollutions récurrentes de la rivière l’Aurence (2014)  :